Archives de Catégorie: Billet

Créer avec des poupées-1ère partie

Amaranthiel armure

Photo: Stéphanie Potvin

C’est toujours un plaisir pour moi de découvrir un nouveau passe-temps, tout simplement par curiosité. J’ai rencontré, il y a quelque temps, Stéphanie Potvin, une adepte de ball jointed dolls (BJD), un hobby qui était tout à fait inédit pour moi avant de la connaître. Comme le nom anglais l’indique, les BJD sont des poupées, mais attention, pas des poupées ordinaires. Elles ne sont pas fabriquées pour le jeu des enfants, au contraire. Ce sont des objets destinés à la collection ou bien, de manière beaucoup plus intéressante, à être habillées, maquillées et transformées au gré de notre imagination. Stéphanie a découvert ce passe-temps il y a environ quatre ans et elle y consacre beaucoup de temps depuis. Comme j’avais envie d’en savoir plus, elle m’a ouvert les portes de son petit atelier, chez elle. Je vous invite donc à découvrir avec moi cette activité hors du commun qui va bien au-delà des simples poupées.  Lire la suite

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Nominations Oscars 2016-Bande originale

J’avais passé mon tour l’an dernier, mais je ne pouvais pas le passer cette année. Voici donc mes pensées sur les nominations des Academy Awards 2016 pour les meilleures bandes originales.

Bridge of spies-Thomas Newman

Voilà une musique qui colle bien au film. On peut deviner à peu près le sujet du film seulement grâce à la musique. Juste assez inquiétante, on sent une tension constante dans plusieurs des pièces. Ça n’empêche pas certaines envolées qui restent quand même toujours relativement contenues. C’est donc une musique très classique pour ce genre de film, mais qui réussi son coup. J’aime bien les choeurs qui n’apparaissent pas souvent, mais qui apportent un petit quelque chose au bon moment.

Carol-Carter Burwell

À chaque année, une bande originale m’atteint un peu plus que les autres. Cette année, c’est celle-ci. Il y a énormément d’émotion dans ces mélodies. Bizzarement, ça me fait penser à la trame sonore de The Hours, même si le style musical est un peu différent. Dans les deux cas, on sent une forte mélancolie, une tristesse qui est lourde par moment et parfois plus légère, mais toujours présente. C’est une très belle musique à l’image du film. Elle a de belles et simples mélodies, mais elle n’est vraiment pas joyeuse!

Sicario-Jóhann Jóhannsson

Je n’ai pas eu encore la chance de voir le dernier film de Denis Villeneuve, mais si je me fie à la trame sonore uniquement, ça doit être un film intense. Il y a tellement de tension dans cette musique que, sincèrement, je vous déconseille de l’écouter toute d’un trait. Parfois, quelques passages plus mélodiques viennent alléger un petit peu l’ambiance, mais le tout reste vraiment lourd. Et c’est excellent comme ça! Ce n’est pas une musique que j’achèterais pour écouter pour le plaisir, c’est certain. Mais en tant que musique de film, elle rempli tout à fait son devoir.

Star Wars: the force awakens-John Williams

Difficile de rester insensible lorsqu’on entend John Williams revenir à l’une de ses plus importantes oeuvres: la musique des films Star Wars. Ce sont des mélodies inoubliables qui ont marqué l’imaginaire. Williams réussit-il son coup avec ce nouvel opus? Oui et non. Tout d’abord, on se retrouve sans mal replongé dans Star Wars comme si rien n’avait changé. Les anciens thèmes se mèlent parfaitement bien avec les nouveaux et on voit la continuité de l’univers. Williams a tout à fait réussit cela selon moi. Les nouveaux thèmes ne sont malheureusement pas aussi forts que les anciens. Ça parait sévère parce qu’ils ne sont certainement pas mauvais, au contraire. Seulement, ils retiennent moins l’attention. La comparaison est cruelle c’est vrai, mais elle est inévitable. Une trame sonore réussie dans l’ensemble et qui sert très bien le film. Or, elle n’est pas exceptionnelle si on tient compte du nouveau matériel.

The hateful eight-Ennio Morricone

Le seul nom d’Ennio Morricone est séduisant et ce vétérant de la musique de film n’a rien perdu! Il réussit à faire quelque chose de tout à fait moderne tout en gardant un côté western classique. L’ouverture du film qui a un fabuleux crescendo est particulièrement forte. Ce que réussit aussi cette bande son est de créer une ambiance incroyable. Tout ceux qui ont vu le film se retrouvent instentanément, en entendant les quelques notes de la mélodie principale, replongés dans l’atmosphère glauque et glaciale du blizzard. Ça sonne bien, ça sonne fort, ça donne le ton, bref, il faut croire que Morricone a encore le tour!

 

Mon choix: Très difficile. Après plusieurs hésitations, je vais y aller avec Sicario.
Ma prédiction: The hateful eight

La constante cette année est l’atmosphère. Une musique de film se doit de transmettre une ambiance et les nominations de cette année le réussissent toutes très bien. Et vous, quelle est votre préférée?

L’actualité positive: à la recherche des bonnes nouvelles

Il faut voir les choses en face: l’actualité est déprimante ces temps-ci. Il suffit de parcourir un journal ou d’écouter le sommaire du téléjournal pour voir qu’on ne traverse pas une période joyeuse. Les événements internationaux terribles n’aident absolument pas. Pourtant, il se passe encore de belles choses dans le monde. Sinon, la vie serait impossible… L’émission Banc Public de Télé-Québec s’est d’ailleurs intéressée au fait que les médias montrent une grande majorité de mauvaises nouvelles, alors que de belles choses se déroulent aussi sans qu’ils n’en parlent. C’est qu’il y a une raison pour laquelle on serait attiré vers les mauvaises nouvelles. Le petit reportage de quelques minutes est très intéressant. http://zonevideo.telequebec.tv/media/22764/bonne-nouvelle/banc-public

Il existe pourant des endroits où la bonne nouvelle est reine et qui nous prouvent qu’on peut trouver du réconfort dans l’actualité. En voici quelques uns.

Le Huffington Post Québec a une section entière consacrée aux bonnes nouvelles. http://quebec.huffingtonpost.ca/news/bonne-nouvelle/

Le journal des bonnes nouvelles ratisse les journaux pour trouver des événements heureux et inspirants. C’est un site français, donc il n’y aura pas vraiment de nouvelles de chez nous, mais ça fait du bien quand même! http://www.le-jbn.com/

Bonnes nouvelles du jour est un blog, français lui aussi, qui partage une liste de bonnes nouvelles à chaque 18 du mois. http://www.bonnesnouvellesdujour.fr/

Il existe une page Facebook consacré uniquement au partage de bonnes nouvelles de toutes sortes.  https://fr-fr.facebook.com/bonnesnouvellesdumonde

En parlant de médias sociaux, deux jeunes gens de Magog en ont conçu un qui ne partage que des bonnes nouvelles: One Good Action. Tous ceux qui ont une attitude négative ou violente y sont bloqués. J’ai essayé de m’y connecter et la page semble ne plus exister malheureusement, mais ils ont toujours leur page Facebook. J’imagine que le projet est encore en développement. Voici de plus deux articles qui parlent de cette idée.

http://www.lapresse.ca/la-tribune/economie-et-innovation/201502/11/01-4843249-un-reseau-social-100-positif-voit-le-jour.php

http://www.lerefletdulac.com/Actualites/Societe/2015-02-04/article-4030720/Un-reseau-social-exclusif-aux-bonnes-nouvelles/1

https://www.facebook.com/OneGoodActionCommunity/timeline?ref=page_internal

Finalement, GoodnessTV, dont on parle dans le reportage de Banc Public, est une web-télé où on invite au partage de vidéos. Il s’agit à  mon avis du site le plus élaboré du lot. http://www.goodnesstv.org/

L’idée n’est pas de se voiler les yeux sur les horreurs qui se déroulent dans nos vies et dans le monde, loin de là. Il reste que cette abondance de mauvaises nouvelles n’est pas représentative du monde réel et il est tout aussi important partager les choses positives. Sinon, notre perception de la réalité pourrait être faussée. Aussi, ça fait du bien un peu de bonheur!

Connaissez-vous d’autres médias consacrés aux nouvelles inspirantes et positives?

 

 

Suggestion lecture: Les fans et Internet

En été 2014 est paru un ouvrage fort intéressant d’une chercheuse qui a regardé de près une communauté d’admirateurs de l’émission Dans une galaxie près de chez vous (abrégé souvent par DUG). Christine Hébert, diplômée à la maîtrise en ethnologie et patrimoine de l’Université Laval, porte un regard scientifique sur les interactions entre les membres de cette communauté virtuelle, les événements qu’elle vit et les différents éléments qui la caractérise.

Tiré de son mémoire de maîtrise, Les Duggies et Internet s’intéresse surtout à quelques membres d’un forum virtuel de discussion à propos de la série. Le sujet est d’abord intéressant parce que DUG a été un phénomène au Québec. La série jeunesse diffusée sur Canal Famille (maintenant Vrak) a su s’attirer un public beaucoup plus large que prévu et possède une base d’admirateurs assez solide. Seulement le fait qu’un forum de discussion virtuel plutôt fourni s’est formé autour de cette série (plusieurs existent en fait) est remarquable si on tient compte de la petitesse du marché de la télévision au Québec. L’angle ethnologique de Christine Hébert rend le sujet encore plus intéressant, car on se rend compte que toute cette communauté, bien que petite, se structure et se bâtit un peu par elle-même. C’est facile, en fait, d’imaginer que plusieurs groupes d’admirateurs connaissent les mêmes caractéristiques.

couverture livre christineSéparé en trois chapitres, le livre présente tout d’abord l’univers de Dans une galaxie près de chez vous, ainsi que le forum d’admirateurs que l’auteure a étudié. Elle explique la série et ce qu’est un Duggie, le nom qu’on donne au admirateurs de DUG. On y aborde aussi le sujet du forum en tant que lieu de socialisation, de création et même de culte. On y suit aussi l’évolution du forum et comment cette communauté a grandi sur Internet. Les témoignages des huit membres interrogées dans ce chapitre montrent toute la dimension humaine qui se trouve dans ce groupe de fans. Chacune à une histoire et une raison qui l’a amenée à joindre ce groupe et à y consacrer du temps. Ce sont des personnes d’âges et d’horizons variés qui ne se seraient pas connues autrement qu’en partageant cet intérêt commun.

Le troisième chapitre est, à mon avis, le plus intéressant. Il montre la communauté qui sort du cadre virtuel. En fait, le propos de ce chapitre est de la présenter comme une microsociété. L’auteure explique les rencontres formelles, par exemple au Salon du livre de Montréal, mais aussi les rencontres informelles qui n’ont pas de lien direct avec DUG. Les membres de cette microsociété se trouvent des intérêts communs et prennent part à des clavardages sur des sujets variés ou bien à des activités spontanées. Un événement est étudié avec plus de profondeur: le shower . Des membres du forum organisent pour l’une d’entre elles un shower pour son bébé à venir. L’organisation d’un tel événement en rapport avec un aspect tout de même relié à la vie privée montre un lien de solidarité entre ces membres du forum. La majorité des éléments communs d’un shower étaient présents: les jeux, les bouchées, la carte et les cadeaux. Ils étaient la plupart du temps en lien avec DUG. Plusieurs pages sont dédiées à cet événement qui illustre bien tout le propos du livre.

Christine Hébert relève aussi la présence de rites dans cette communauté notamment par le Dug-o-film-o-thon ou DOFOT, un marathon de la série et des films et par la Saint-Bernard-Legault, un anniversaire en hommage aux deux auteurs de la série, Claude Legault et Pierre-Yves Bernard. Il y a aussi des chartes et des règlements qui renforcent cette idée de microsociété. Très intéressante, cette partie démontre qu’une communauté virtuelle présente des caractéristiques bien similaires à une communauté dite « normale » malgré une certaine spécificité.

Les communautés virtuelles d’admirateurs est une chose qui peut intriguer lorsqu’on est pas familier avec le phénomène. Or, ce livre explique bien les choses en dressant un portrait à mon avis bien complet. On comprend un peu mieux pourquoi de telles communautés existent et durent. L’angle local avec une série télévisée bien de chez nous est très apprécié et il nous rapproche du sujet. La bibliographie est solide, la théorie bien documentée et le ton y est agréablement accessible. Bref, je le recomande!

Quelques extraits

Voici quelques extraits tirés du livre qui vous donneront, je l’espère, le goût d’en lire plus.

« Le forum peut même être comparé à un laboratoire social, c’est-à-dire un lieu où les membres peuvent expérimenter des interactions sociales entre eux, tout en développant de nouvelles amitiés. En effet, pour la majorité des participantes aux entrevues, le forum est propice à créer et développer des amitiés véritables » p.30

« Il est ainsi possible d’imaginer que les limites entre la vie réelle et la vie virtuelle se confondent, devenant une seule vie » p.31

« Par ce shower, les membres du forum ne sont seulement liés par une série culte, ils sont aussi lié par les événements de la vie, soulignés par un rituel » pp.76-77

« Ce qui est étonnant pour le deuxième cas, c’est que ce chandail n’est pas considéré comme un costume, mais qu’il est utilisé au cours du rite: d’un objet de la vie quotidienne, il devient un objet symbolique, un souvenir de cet événement, métamorphosé par l’inscrition de messages échangés par les participants. De plus, sa valeur, auparavant utilitaire, se change en valeur sentimentale, voire symbolique, et devient en quelque sorte le symbole (trophée) témoin de la participation (exploit) du membre au DOFOT. » pp84-85

 

Le livre: Les Duggies et Internet, Christine Hébert, éditions Les Presses de l’Université Laval, collection Autour de l’événement, 124 pages.

Rédactrice-réviseure, Christine Hébert est aussi la créatrice d’un blog exclusivement dédié au sujet des fans et des communautés de fans: Nous sommes fans. Elle y partage des études, des articles et des réflexions reliés à ce sujet.

 

 

Suggestion lecture: Comme convenu

©Laurel source: <a href="http://bloglaurel.com/">bloglaurel.com/</a>

© Laurel source: bloglaurel.com

Je serai tout à fait subjective dans cette note, je vous préviens. Quand je vois un travail de qualité et original, je pense que ça vaut la peine d’en parler. J’avoue que celui-là, il m’intéresse particulièrement.

Que vous vous intéressiez ou non aux jeux vidéos, vous avez de grandes chances de tomber sous le charme de Comme convenu. C’est une histoire en BD fascinante et palpitante à propos d’une start-up de jeux vidéos en Californie. On y suit Laurel, une dessinatrice française, qui part aux États-Unis pour vivre l’aventure de la création d’une boîte de jeux pour mobiles. Les choses sont beaucoup plus difficiles que prévu, surtout en raison de co-fondateurs plutôt invivables.

Très inspiré de sa véritable expérience, Laurel présente Comme convenu  comme étant une histoire en grande partie fictive. Ceux qui suivent le blog de la dessinatrice savent que certains événements sont réels, car elle en a parlé. Cependant, le reste est mystérieux. La limite entre le vrai et le fictif est indécelable et si vous êtes comme moi, vous allez sincèrement espérer que certains événements soient inventés. Parfois, les choses tournent en effet très mal. Cette incertitude importe peu toutefois, car elle ne gâche en rien l’histoire. Dans ce récit rempli de rebondissements, il y a des personnages qu’on aime, d’autres qu’on déteste profondément et on a seulement hâte de voir comment le tout va évoluer. La BD est en effet toujours en publication à raison d’une page par jour de semaine sur le blog de Laurel. Tous les liens sont à la fin de cette note.

J’ai toujours apprécié le dessin de Laurel, dont je suis le travail depuis 2004. Il est simple et très éloquent. Elle est de ces dessinateurs qui réussi à faire parler le moindre petit détail. Or, au delà du dessin, Comme convenu est un récit riche qui explore de nombreuses facettes de l’histoire de base. On ne parle pas toujours de jeux vidéos et de dessin, mais aussi de vie de famille, d’adaptation à un nouveau milieu ainsi que des joies et des peines du quotidien. Aussi, elle est une histoire dans l’air du temps. Ils sont nombreux les jeunes et moins jeunes qui rêvent de fonder leur start-up de jeux vidéos. Cette BD montre qu’il faut faire attention avec qui on s’associe et qu’il y a des risques à se lancer dans une telle aventure. On peut tomber sur des manipulateurs et des personnes toxiques qui gâchent une belle expérience. Je n’en dirai pas plus, car c’est une histoire qui mérite vraiment d’être découverte page par page.

Pourquoi parler de Comme convenu maintenant? L’auteure a comme projet de publier une première partie de l’histoire en livre papier et elle a décidé d’utiliser la méthode du sociofinancement pour y parvenir. L’objectif a déjà été atteint sur Ulule, mais rien ne vous empêche d’aller l’encourager à votre tour si vous aimez son travail. Personnellement, je pense que c’est clair, j’aime beaucoup. J’espère que vous aimerez vous aussi!

Le blog de Laurel: bloglaurel.com/

Pour lire Comme convenu dès le début: http://bloglaurel.com/studio

Sa page Ulule pour participer au sociofinancement du livre: http://fr.ulule.com/comme-convenu/