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Retour en Gaspésie: le caribou des montagnes

À la suite d’un voyage en Gaspésie à l’été 2013, j’ai décidé de « retourner » aux lieux visités et de pousser un peu plus la réflexion.

On peut voir très clairement le collier.

On peut voir très clairement sur les spécimens observés le collier qui sert à l’étude de la population.

Lorsqu’on visite la Gaspésie pour la première fois, on pense surtout au climat maritime ou aux forêts. Par contre, une chose à laquelle on ne pense pas, c’est la toundra. Pourtant, elle existe bel et bien et mérite d’être visitée.

Une vue du parc de la Gaspésie.

Une vue du parc de la Gaspésie.

Nous allons cette fois-ci dans le parc national de la Gaspésie. Pour s’y rendre on serpente sur les routes de terre dans un paysage à couper le souffle. Les chic-choc se dressent, majestueux, sur notre chemin et, lorsqu’on pratique la randonnée en montagne comme moi, on n’a qu’une envie, c’est de les grimper!

Le paysage nordique du sommet du mont Jacques-Cartier.

Le paysage nordique du sommet du mont Jacques-Cartier.

Le mont Jacques-Cartier ne fait pas officiellement partie des Chic-Choc, mais plutôt des monts McGerrigle, un massif voisin. Il culmine à près de 1270 m d’altitude ce qui en fait le plus haut sommet du Québec méridional. Il ne s’agit pas la montée la plus ardue par contre, la pente est relativement douce. D’autres montagnes plus modestes, comme le mont Albert, sont plus difficiles. Ça prend tout de même une journée entière faire la montée, puis la descente. Lorsqu’on commence à grimper cette petite merveille, on voit devant nos yeux tous les niveaux climatiques du Québec. On démarre dans une belle forêt fournie avec des sources d’eau claire qui jaillissent d’un peu partout, puis plus on monte, plus les arbres se clairsèment. À un moment, on ne voit plus que des épinettes puis, plus rien. L’arrivée à la toundra est assez brusque, à peu près au milieu de la montée. La température baisse aussi considérablement. Les derniers mètres se marcheront sur de la pierre et du lichen exclusivement. C’est un petit morceau d’arctique près de l’océan atlantique.  Et tout en haut, on rencontre le fier habitant de ces sommets: le caribou.

jeunes caribous

De jeunes caribous se nourrissant sur une crête de la montagne.

Présent dans les Chic-Chocs et les monts McGerrigle, le caribou gaspésien n’est pas légion. Il est même menacé.

En 2010, la situation était très préoccupante. Le caribou de la Gaspésie est un attrait touristique de taille dans le parc et les touristes remarquaient ces dernières années qu’il était de plus en plus difficile d’en observer. Un article du site web spécialisé en plain air Espaces datant de mai 2010 indique que  » le troupeau gaspésien, qui comptait un millier de bêtes dans les années 50, n’en a plus que 200. Les caribous de la Gaspésie sont aujourd’hui les derniers représentants de leur espèce au sud du fleuve Saint-Laurent. »(1) En 2012, le troupeau était évalué a 85 bêtes. Le caribou de la Gaspésie est un spécimen unique au Canada qui ne doit pas être comparé aux populations du nord.

Heureusement des mesures ont été prises. Un plan a été mis en place par la Société de la faune et des parcs du Québec: Plan de rétablissement du caribou de la Gaspésie 2002-2012. L’aspect le plus important de ce plan est le contrôle des prédateurs. Les faons sont en effet une proie très facile pour les ours et les coyotes, très présents dans la région. Comme la reproduction est limitée, la survie des faons a un impact considérable sur l’état de l’espère même à court terme. Aussi la présence des humains peut être problématique. Les sommets sont dénudés et offrent donc très peu de protection. Lorsqu’on va visiter les caribous, il faut aussi se rendre compte que notre seule présence les dérange. Alors, il ne faut pas en abuser en voulant les approcher. En effet, lorsqu’il se croient en présence d’un danger, ils s’immobilisent et cessent toute activité dont celle de manger. Or, pour eux, chaque minute compte pour acquérir la nourriture suffisante afin de passer hiver qui arrive très rapidement à cette altitude. Ce plan implique aussi, bien entendu, la protection de l’habitat très fragile du caribou. Aussi, comme le lichen arboricole est un élément de base de l’alimentation du caribou, les interventions forestières ont dû être plus réglementées.

caribous au repos

Quand ils ne cherchent pas leur nourriture, ces cervidés prennent un peu de repos.

Depuis mai 2013, la population est de plus surveillée par une équipe de l’Université du Québec à Rimouski et les observations furent très positives. En effet, le nombre de faons avait atteint 19, seulement sur les mont McGerrigle, un nombre bien plus élevé que les années précédentes. Durant ce même été, les prédateurs était pratiquement disparus des aires de reproduction.

Il y a donc bon espoir de voir encore ces beaux animaux sur les sommets encore longtemps, même si chaque année, leur survie est remise en question.

 

Liens que j’ai utilisés et d’autres intéressants pour en savoir un peu plus:

http://www.espaces.ca/categorie/actualites/reportages/article/156-gaspesie-le-dernier-des-caribous

http://www.mffp.gouv.qc.ca/publications/faune/plan_reta_car_gaspesie.pdf

http://www.sepaq.com/parcs-quebec/blogue/article.dot?id=7d7f807f-22c0-43e5-962a-a62e4ba7c456

http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2014/09/17/006-gaspesie-hybrides-coyotes.shtml

http://www.sepaq.com/dotAsset/46893.pdf

http://www.provancher.qc.ca/upload/file/NatCan%20133_3%20p%206-14.pdf

(1) Gaspésie: le dernier des caribous par Gabriel Bélant. http://www.espaces.ca/categorie/actualites/reportages/article/156-gaspesie-le-dernier-des-caribous

Toutes les photos sont de Catherine Dallaire avec qui j’ai fait mon voyage. Je vous encourage à cliquer dessus pour les apprécier dans un plus grand format.

Note: Le titre n’est qu’une figure de style puisque le véritable nom de ce robuste animal est le caribou des bois.

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Retour en Gaspésie: les fous de Bassan

À la suite d’un voyage en Gaspésie l’été dernier, j’ai décidé de « retourner » aux lieux visités et de pousser un peu plus la réflexion.

Une partie de la colonie nichant sur le plateau

Une partie de la colonie nichant sur le plateau

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Une partie de la colonie nichant sur la falaise

Les fous de Bassan en déclin

La colonie de fous de bassan de l’île Bonaventure est présentement la plus grande colonie de fous de Bassan en Amérique du Nord avec plus de 100 000 individus. Elle est aussi un attrait incontournable pour tout voyageur qui passe par Percé. C’est une expérience unique de pouvoir observer de près ces beaux et grands oiseaux qui n’ont comme seul défaut esthétique que leurs cris strident. Vu de la falaise ou vu du plateau, le spectacle est toujours

IMG_1670saisissant.

Par contre, bien qu’elle semble en pleine santé au premier abord, la colonie inquiète beaucoup. Depuis l’an dernier, les fous de Bassan de l’île Bonaventure ont connu un déclin de population important en raison du faible taux de survie des oisillons. En 2012, ce taux était de seulement 8%, autrement dit, seulement 8% atteignaient l’âge de trois mois, alors que le nourrissage du poussin est terminé et qu’il est prêt à voler. La situation est un peu plus rassurante cette année avec un taux survie de 36%, mais il est encore bien en-deçà du taux normal de 75%. Bref, il y a des raisons de s’inquiéter pour le long terme si la population continue à avoir autant de mal à se renouveler.

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Seulement 36% des oisillons ont survécu cette année

Il faut savoir que les fous de Bassan ne peuvent se reproduire qu’à partir de l’âge de 5 ans et les femelles ne pondent qu’un œuf par saison. De plus, un déclin général de la colonie a été observé ces dernières années avec la disparition de 20% des couples nicheurs entre 2009 et 2011.

Les chercheurs proposent quelques hypothèses pour ce déclin. L’une d’entre elles que les oiseaux vont de plus en plus loin pour chercher leur nourriture en raison, entre autres, le changement de comportement du maquereau dans la région de la colonie dû au réchauffement de l’eau. C’est ce qui était arrivé en 2012, croient les chercheurs; les proies étaient devenues inaccessibles et plusieurs individus sont tout simplement morts de faim. Aussi, lorsque la nourriture est difficile d’accès, les deux parents partent laissant ainsi le poussin seul au nid et très vulnérable. Ce comportement inhabituel et très inquiétant a de nouveau été observé cette année.IMG_1677

La marée noire du Golfe du Mexique en 2010 a aussi été très dommageable pour les fous de Bassan puisqu’elle a affecté leur lieu d’hivernage. On en mesure les conséquences encore aujourd’hui.

Heureusement, la situation s’est quand même améliorée cette année malgré un taux de survie qui reste assez faible. Les fous de Bassan vivent normalement plus de vingt ans en moyenne ce qui donne une bonne chance à la colonie de se reprendre si le taux de survie des poussins augmente l’été prochain.

La colonie de fou de Bassan de l’Île Bonaventure reste donc sous surveillance et est étudiée en profondeur pour bien évaluer les problématiques.

Articles à lire pour en savoir un peu plus:

TVA

Radio-Canada 

Le Soleil

La SEPAQ 

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Opération séduction pour la Commission jeunesse Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

La Commission jeunesse Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine était présente sur la Grave vendredi et samedi derniers dans le cadre de leur campagne touristique de recrutement. Cette campagne vise les jeunes touristes en visite dans nos région et qui pourraient potentiellement vouloir s’y installer. « Comme la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine sont des régions touristiques, on a décidé de cibler les jeunes touristes et leur montrer les opportunités de la région », explique Maryève Charland-Lallier, ambassadrice à la commission jeunesse. Cette opération cible autant les jeunes d’ailleurs que ceux originaires des Îles et qui habitent maintenant à l’extérieur.

Le bilan de cette fin de semaine est plutôt positif. « Ce qu’on vise, ce n’est pas tant un grand nombre de personnes, mais la qualité des échanges qu’on avec ces personnes », nous a dit Maryève Charland-Lallier. Elle et Julie Jomphe, agente de migration à l’organisme Place aux Jeunes, ont parlé avec plusieurs personnes intéressées dont un jeune homme parti depuis 13 ans des Îles venu passer une semaine de vacances. Il envisage peut-être maintenant de revenir vivre dans la région.

L’importance des jeunes en région
Cette campagne de « Grande séduction » fait parti d’un projet beaucoup plus vaste: Cap sur l’avenir 2009-2012. Ce programme comprend de nombreux aspects et l’un d’eux est le retour et le recrutement de main d’œuvre qualifiée, le but de l’événement sur la Grave.

La demande de travailleurs dans la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est importante. On prévoit 9200 nouveaux emplois d’ici 2014 qui vont se libérer en raison des départs à la retraite. « Tous les domaines sont touchés. Des employés en administration, comptabilité, ou bien en santé sont un peu plus recherchés que les autres, mais il y a de l’ouverture partout », précise Julie Jomphe.En revanche, ça fait huit ans que le solde migratoire chez les jeunes dans la région de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est positif et Maryève Charland-Lallier remarque qu’aujourd’hui, les jeunes ont de plus en plus le désir de revenir. Un constat plutôt encourageant pour l’ambassadrice de la Commission jeunesse.

C’était aussi le moment du bilan la semaine dernière pour la Commission jeunesse. La dernière année a été fort occupée et de nombreuses réalisations ont été accomplies. Notons entre autres, une campagne publicitaire sur l’importance d’encourager les jeunes à s’établir dans la région, la mise en place de comités d’accueil pour les nouveaux arrivants et la diffusion d’une étude sur les facteurs de rétention des jeunes dans les régions faite par le centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes (CERMIM)

Les projets ne manquent pas non plus pour la prochaine année. Une campagne visant à détruire les mythes nuisant à l’image de la région, une série de témoignages vidéos et la mise en ligne d’une boîte à outils pour les employeurs font partie des nouveautés annoncées pour 2011-2012. Ce sera aussi la dernière année du projet Cap sur l’avenir qui amènera une évaluation afin d’en connaître les retombées.

Pour plus d’information sur la Commission jeunesse, visitez le http://www.faistesboites.com

-30-

Article paru dans le Radar vol. 42 no. 30 de la semaine du 4 août 2011.

Opération séduction pour la Commission jeunesse Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

La Commission jeunesse Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine était présente sur la Grave vendredi et samedi derniers dans le cadre de leur campagne touristique de recrutement. Cette campagne vise les jeunes touristes en visite dans nos région et qui pourraient potentiellement vouloir s’y installer. « Comme la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine sont des régions touristiques, on a décidé de cibler les jeunes touristes et leur montrer les opportunités de la région », explique Maryève Charland-Lallier, ambassadrice à la commission jeunesse. Cette opération cible autant les jeunes d’ailleurs que ceux originaires des Îles et qui habitent maintenant à l’extérieur.

Le bilan de cette fin de semaine est plutôt positif. « Ce qu’on vise, ce n’est pas tant un grand nombre de personnes, mais la qualité des échanges qu’on avec ces personnes », nous a dit Maryève Charland-Lallier. Elle et Julie Jomphe, agente de migration à l’organisme Place au Jeunes, ont parlé avec plusieurs personnes intéressées dont un jeune homme parti depuis 13 ans des Îles venu passer une semaine de vacances. Il envisage peut-être maintenant de revenir vivre dans la région.

L’importance des jeunes en région

Cette campagne de « Grande séduction » fait parti d’un projet beaucoup plus vaste: Cap sur l’avenir 2009-2012. Ce programme comprend de nombreux aspects et l’un d’eux est le retour et le recrutement de main d’œuvre qualifiée, le but de l’événement sur la Grave. La demande de travailleurs dans la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est importante. On prévoit 9200 nouveaux emplois d’ici 2014 qui vont se libérer en raison des départs à la retraite. « Tous les domaines sont touchés. Des employés en administration, comptabilité, ou bien en santé sont un peu plus recherchés que les autres, mais il y a de l’ouverture partout », précise Julie Jomphe.

En revanche, ça fait huit ans que le solde migratoire chez les jeunes dans la région de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est positif et Maryève Charland-Lallier remarque qu’aujourd’hui, les jeunes ont de plus en plus le désir de revenir. Un constat plutôt encourageant pour l’ambassadrice de la Commission jeunesse.

Bilan 2010-2011 positif

C’était aussi le moment du bilan la semaine dernière pour la Commission jeunesse. La dernière année a été fort occupée et de nombreuses réalisations ont été accomplies. Notons entre autres, une campagne publicitaire sur l’importance d’encourager les jeunes à s’établir dans la région, la mise en place de comités d’accueil pour les nouveaux arrivants et la diffusion d’une étude sur les facteurs de rétention des jeunes dans les régions faite par le centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes (CERMIM)

Les projets ne manquent pas non plus pour la prochaine année. Une campagne visant à détruire les mythes nuisant à l’image de la région, une série de témoignages vidéos et la mise en ligne d’une boîte à outils pour les employeurs font partie des nouveautés annoncées pour 2011-2012. Ce sera aussi la dernière année du projet qui amènera une évaluation afin d’en connaître les retombées.Pour plus d’information sur la Commission jeunesse, visitez le http://www.faistesboites.com.

-30-

Publié dans l’hebdomadaire Le Radar vol 42 No. 30 de la semaine du 4 août 2011