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Créer avec des poupées-2e partie

(Cliquez ici pour lire la première partie)

Aller au-delà de la poupée

Ce passe-temps est arrivé de manière assez particulière à Stéphanie, un peu par hasard. « J’ai découvert ça avec le temps. À l’Otakuthon (ndla: festival montréalais d’animation japonaise), il y en avait qui en exposait, mais je ne savais pas vraiment ce que c’était et je n’avais jamais demandé. À un moment où j’avais beaucoup de misère à dessiner des personnages masculins, je voulais un modèle articulé et j’ai découvert ça. C’est à ce moment-là que j’ai acheté [la poupée représentant Link du jeu vidéo Legend of Zelda]. Pas longtemps après, j’ai décidé d’arrêter le dessin. Plus tard, j’en ai acheté une autre et c’est là vraiment que ça a commencé. »  Elle a alors repris les personnages qu’elle avait créé dans ses dessins et les a transposés en trois dimensions. Comme le dessin, il s’agit d’une forme d’art pour elle.

Elle a un attachement particulier pour chacune de ses poupées; elles ont d’ailleurs toutes un nom. Je le vois dans son regard lorsqu’elle m’en parle. Ce sont ses créations, ses personnages à elle. Il y a tellement de travail sur chacune de ces petites têtes, elle y met tant d’attention et de soin. Chaque personnage est façonné et transformé. Même si la matière première arrive déjà avec une forme, tous les efforts sont fournis pour obtenir un résultat unique.

Lorsqu’on fouille un peu sur les forums de discussion consacrés à ce passe-temps, on se rend rapidement compte que ses adeptes adorent prendre des photos de leurs créations. Les articulations efficaces de ces petits personnages leur permettent en effet de prendre la pose aisément. Photographe amateure, Stéphanie ne fait pas exception et elle prend plaisir à mettre en scène ses différents personnages pour les photographier. Elle profite beaucoup du petit parc près de chez elle comme décor naturel. Elle fait aussi poser d’autres poupées que les siennes. « Ce sont de bon modèles, ils peuvent garder la pose sans se plaindre pendant des heures! », blague-t-elle. Les poupées de bonne qualité tiennent facilement debout sans support, même en talons hauts.

Selon Stéphanie, la communauté est encore assez petite au Québec. « Je connais d’autres personnes par Facebook, mais on se voit rarement. C’est aussi plus populaire en Europe, je dirais. C’est sûr que quand tu n’en as pas entendu parlé, tu ne sais pas que ça existe », explique-t-elle.

Il y a quand même assez de monde pour l’organisation de concours. L’Otakuthon organise à chaque année le DollFest, une compétition de BJD où les poupées sont jugées dans différentes catégories. Les prix sont modestes, mais l’événement permet aux adeptes de ce passe-temps de partager leur intérêt. Pour Stéphanie, ces compétitions sont agréables, mais ne sont pas nécessairement une motivation pour continuer à travailler sur ses poupées. Trois d’entre elles ont tout de même déjà gagné un prix. Comme les BJD sont encore méconnues au Québec, il n’y a pas beaucoup de participation. « Il y en a moins avec les années, explique Stéphanie. Avant il y avait de plus gros prix, alors les gens participaient plus. Maintenant les prix sont plus petits: on reçoit des vêtement par exemple. J’ai même eu une guitare électrique, une fois!»

Vu de loin, ce passe-temps semble presque anodin, tout au plus une manière amusante de passer le temps. Mais après l’avoir regardé de plus près, je vois tout le travail, tout le dévouement qu’il demande et surtout, la créativité qu’il implique.

 

Petite galerie 

Voici, en vrac, quelques photos que Stéphanie Potvin a prises de ses ball jointed dolls. Un grand merci à elle pour les images!

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Créer avec des poupées-1ère partie

Amaranthiel armure

Photo: Stéphanie Potvin

C’est toujours un plaisir pour moi de découvrir un nouveau passe-temps, tout simplement par curiosité. J’ai rencontré, il y a quelque temps, Stéphanie Potvin, une adepte de ball jointed dolls (BJD), un hobby qui était tout à fait inédit pour moi avant de la connaître. Comme le nom anglais l’indique, les BJD sont des poupées, mais attention, pas des poupées ordinaires. Elles ne sont pas fabriquées pour le jeu des enfants, au contraire. Ce sont des objets destinés à la collection ou bien, de manière beaucoup plus intéressante, à être habillées, maquillées et transformées au gré de notre imagination. Stéphanie a découvert ce passe-temps il y a environ quatre ans et elle y consacre beaucoup de temps depuis. Comme j’avais envie d’en savoir plus, elle m’a ouvert les portes de son petit atelier, chez elle. Je vous invite donc à découvrir avec moi cette activité hors du commun qui va bien au-delà des simples poupées.  Lire la suite

Voyage dans le monde du cosplay 1: qu’est-ce que c’est?

Otakuthon_logoL’été prochain, j’accompagnerai une amie à une convention d’animation japonaise à Montréal (l’Otakuthon pour ne pas le nommer) et j’ai décidé de le faire à fond. En effet, je ferai du cosplay, c’est à dire que je vais me déguiser en un personnage de série télé, de film, de bande dessinée ou de jeux vidéo. Ce sera une occasion pour moi de m’immiscer dans ce monde mystérieux que je vais découvrir avec vous tous.

En fait, le déguisement et le cosplay ne sont pas tout à fait la même chose, car un bon cosplayeur devient  le personnage. Il ne s’agit donc pas seulement de porter le costume, mais aussi de l’incarner, imiter le caractère, les mouvements, etc. Seulement se déguiser en Superman à Halloween ne peut donc pas vraiment être considéré comme étant du cosplay. Or, tout cela peut être pris à différent niveaux. Il y a en effet des amateurs qui prennent la choses plus au sérieux que d’autres. Voici, pour ceux qui veulent en savoir plus, un article qui établi la différence entre déguisement et cosplaying.

Le cosplay se déroule surtout lors des conventions et congrès de science-fiction, de comics américains ou d’animation japonaise. Il existe beaucoup de ces conventions dans le monde; au Canada seulement, il y en plus d’une trentaine. Au Québec, les plus connues restent le Comicon et l’Otakuthon à Montréal ainsi que le GeekFest à Québec. Ces événements sont une occasion pour tous les adeptes de cosplay de se réunir ensemble et de participer à des compétitions.

La jeune cosplayeuse Monika Lee avec son costume de Rogue de la série animée X-Men.

La jeune cosplayeuse américaine Monika Lee avec son costume de Rogue (X-Men).

Le terme en tant que tel est une combinaison des mots costume et playing et il  trouve son origine au Japon. C’est un pays qui excelle d’ailleurs dans ce domaine. Il y a plusieurs niveaux au cosplay. Certains fans achètent leur costumes déjà tout fait, d’autres le font en partie (ce sera mon cas) et d’autres, plus acharnés, font tout de A à Z y compris les perruques et les articles en cuir et en métal. Pour arriver à ce niveau, il faut évidemment investir beaucoup de temps et d’argent en plus d’être très habile de ses mains. De plus, on peut se déguiser seulement pour le plaisir, mais on peut aussi, comme je l’ai mentionné plus haut, participer à des compétitions et gagner des prix très intéressants en argent. Hé oui, le cosplay peut être très sérieux et devenir une source de revenu!

En plus de la science fiction et des comics américains, les costumes sont  inspirés de jeux vidéos, de mangas, d’animation japonaise et même de films en général. Il n’est pas rare, par exemple, de croiser des personnages de Disney lors des conventions.  Bref, peu importe de quoi vous êtes fan, vous pouvez vous déguiser en n’importe quoi. Parmi les costumes les plus populaire, on peut retrouver Batman, Superman, Wonderwoman, les Ghostbusters, Mario, Luigi ainsi que les personnages de Star Wars. C’est presque impossible d’aller à une convention sans y croiser Darth Vader.

Le cosplay n’est pas seulement un passe-temps; c’est devenu un véritable phénomène social. Nous reviendrons sur ce point plus tard, mais il faut comprendre que c’est carrément un mode de vie pour certains.

En terminant, l’Office québécois de la langue française a trouvé un terme français pour cosplay: costumade. La définition que l’oqlf en fait est d’ailleurs très juste. C’est très bien de pouvoir en parler en français, mais je vais quand même  utiliser les deux termes en alternance, car celui en anglais reste le plus connu.

La prochaine fois, nous verrons l’historique de la costumade, un phénomène beaucoup plus ancien qu’il n’y parait.

 
Suivi de mon costume
Je ne vous dit pas encore quel sera mon costume, je garde la surprise. Je peux vous dire par contre qu’il contient: une jupe, une blouse, deux nœuds, une perruque et quelques fioritures. J’ai trouvé les méthodes ou les patrons pour tout fabriquer, excepté la blouse (et la perruque bien entendu!). Pour l’instant, j’ai fait un nœud. Il faut bien commencer quelque part!

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